MOBILE 2.0’09 – Opus 3

Christophe Romei a lancé la troisième édition de son Mobile 2.0. Cette année était ma première venue à cet évènement, et je ne savais pas du tout à quoi j’allais m’attendre. Nokia m’avait parlé d’une intervention à propos d’OVI store, mais je voulais surtout voir comment s’annonçait la tendance du business dans le secteur mobile par ces temps de crise. Il est vrai qu’à force d’entendre que tout va mal et que tout s’effondre, il est difficile de présager du meilleur pour les secteurs high-tech, qui ne sont pas une obligation prioritaire pour la vie de tous les jours.

Mais quand il y a crise, les choses qui plaisent et qui sont dans l’élan ne sont pas toujours autant touchées que celles qui sont bien ancrées. Il est vrai que tous les constructeurs annoncent des licenciements et des baisses de chiffre d’affaire, mais il faut ajouter à la crise la pression énorme de montée de ces marchés durant les dernières années, et une overdose des produits high-tech qui se succèdent sans qu’on ait parfois le temps de les apprécier est aussi peut-être à l’origine de ces baisses de régime.

Cela étant, le débat qui m’intéresse est à propos de la vente en ligne d’applications pour les Smartphones. En effet, je suis ce marché depuis près de 20 ans, et mis à part quelques grandes époques qui furent celles du Psion, des premiers Windows CE ou encore de Symbian, nous sommes confrontés ce jour à une concurrence féroce. Cette concurrence a été mise au pied du mur en 2008 par Apple, avec son iPhone qui a été une sacré réussite, que ce soit en nombre d’appareils vendus (15 millions à ce jour), d’applications sur l’App Store (15 000) ou encore de téléchargements (500 millions) et de chiffre d’affaire (500 millions de $). C’est bien la première fois que j’entends parler de développeurs qui arrivent à gagner beaucoup d’argent (quelques uns), ou au moins rentabiliser leurs investissements dans le domaine des applications pour portables (PDA inclus).

MOBILE 2.0 '09

Débat Apple iPhone App Store vs Google Android Market

le débat qui m’a donc particulièrement attiré durant Mobile 2.0 était animé par Eric Le Yavanc, et il avait pour but de comparer les offres d’un système qui est déjà en place avec Apple (App Store) et d’un challenger qui est aussi un grand nom avec Google (Android Market). Le premier a déjà fait ses preuves, le deuxième, comme d’ailleurs Nokia avec OVI Store ou Microsoft avec MarketPlace arrivant très bientôt, sans compter les Orange, SFR et autres acteurs qui désirent conserver une partie du pactole.

MOBILE 2.0 '09

Sorti de l’Euro, l’europe n’est pas prête d’être unifiée

La première difficulté du marché européen dans les applications mobiles est la diversité. Le marché est par défaut complexe, avec la multiplicité des langues, des opérateurs, des systèmes d’exploitation et enfin des modèles de terminaux. Les développeurs présents à ce débat, bien que subjectifs car tantôt pour iPhone, tantôt pour Androidn sont assez d’accord, mais il en ressort que l’iPhone a d’une part une certaine longueur d’avance, et que le défaut de son unicité en tant que terminal lui donne l’avantage indéniable de ne demander qu’une forme de déploiement. Et encore, il faut ajouter aux 15 millions d’iPhone les 30 millions d’iPod Touch qui utilisent la même plateforme système. Cela permet de proposer la même application 45 millions de personnes, dans plus de 50 pays, et cela via une boutique unique qui est l’Apple Store. Du côté Android, nous n’en sommes qu’au début, avec un peu plus de 2000 applications disponibles, et un seul terminal à ce jour. Nous n’avons aucune idée de ce que cela sera lorsque plusieurs constructeurs proposent leurs terminaux Android, à propos de l’inter-compatibilité, car si chacun fournit son SDK, cela risque de compliquer les choses. En conclusion, avec Apple on sait où on en est aujourd’hui, alors qu’avec Android il y a encore un certain flou.

MOBILE 2.0 '09

Multiplication des boutiques en ligne pour applications Smartphone

Côté développement, il semble que le kit Android soit plus accessible, dans le sens où le développement étant en Java, la communauté de développeurs est très importante, alors que chez Apple, il faut une certaine culture Mac pour y arriver. De plus, aux critiques de certains sur le fait qu’il faut absolument un mac pour développer des applications pour l’iPhone, cette critique est rapidement contestée dans le sens où le prix d’une machine est négligeable en rapport au prix du développement lui-même, et que l’on commence à parler du SDK iPhone sus Windows pour un jour prochain.

Un développement d’une application sur mesure pour une marque ou un groupe industriel est estimé à environ 40 000 €, et avec un potentiel de 1 millions d’utilisateurs iPhone en France, il est estimé qu’on peut toucher environ 40 000 personnes. Cela donne un prix de revient de 1 € / cible, donc un très bon rendement. De plus, si l’application est déployée dans plusieurs pays, cela ne coûte rien de plus.

Le commentaires sont fermés.